Le Somaliland

Avec une superficie d'environ 137 600 km², il est limitrophe de la Somalie, de l'Éthiopie, de Djibouti et du Yémen (golfe d'Aden). La population est estimée à 3,5 millions d’habitants. La capitale, Hargeisa, a une population d'environ 1,2 million d'habitants

Quand il occupa cette région du Nord somalien, à la fin du XIXe siècle, le Royaume-Uni — sûr de lui-même et pragmatique — n’avait que deux objectifs en tête : empêcher les Français d’accéder au débouché stratégique de la mer Rouge et approvisionner — à peu de frais — sa colonie voisine d’Aden, établie dans une zone désertique. Les Britanniques, peu soucieux de rentabiliser le territoire, se contentèrent d’une gestion minimaliste, s’ingérant peu dans l’administration indigène et ses efficaces mécanismes de résolution des conflits pastoraux (essentiels en milieu nomade).

Au sud, la colonisation italienne de la Somalie prit une forme radicalement différente. L’Italie, déjà unifiée au moment de la conférence de Berlin en 1884, manifestait alors un appétit de reconnaissance à la mesure de son retard politique et économique par rapport au reste de l’Europe occidentale. Ni stratégique ni économique, son ambition coloniale revenait à accéder à une gloire compensatoire — tout en lui permettant d’établir des colonies de peuplement susceptibles de juguler l’hémorragie démographique dont elle souffrait (vers les Etats-Unis et l’Argentine, en particulier). Le fascisme ne tempéra pas une telle prétention, transformant le phénomène colonial italien en un psychodrame compensatoire qui allait aboutir, dans les années 1920, à de véritables massacres ainsi qu’à la destruction de tous les mécanismes de régulation sociale indigènes.

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Date de dernière mise à jour : 08/01/2018